samedi 11 novembre 2023

Flores anciennes #1 - L'herbier de Bock

C'est l'automne, la météo semble bloquée sur une pluie battante, et je n'ai pas toujours la possibilité ou le temps de faire une escapade dans la forêt ou ne serait-ce que dans le jardin pour prendre de belles photos. C'est bien dommage, mais mon matériel photo me crie : "Je déteste la pluie !".

Qu'à cela ne tienne ! Cela m'offre l'occasion d'inaugurer une nouvelle rubrique qui me tenait un peu à cœur et que j'hésitais à mêler aux billets dédiés à mes propres observations et photographies... à savoir une rubrique consacrée à des herbiers et autres ouvrages anciens / historiques consacrés à la nature, la botanique, et pourquoi pas aux animaux (un peu de zoologie ancienne). Que voulez-vous, je reste historien de formation, et comme on dit : "On ne se refait pas" et "Chassez le naturel, il revient au galop". Et puis c'est mon blog, je fais un peu de ce que je veux ;-)

Toujours est-il que la botanique et autres sciences naturelles ne sont pas mes spécialités premières et que je compte, comme toujours, laisser la place à l'image, car cela reste bien la vocation de ce blog que de montrer de belles choses, de s'instruire, et de s'émerveiller. Un petit article historique de temps en temps... pour ne pas laisser le site se faner.

Et avoir un peu de lecture, car d'ordinaire ce sont plutôt des photos.

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Pour commencer, j'ai choisi l'herbier de Hieronymus Tragus, plus communément connu en français sous le nom de Jérôme Bock (à ne pas confondre avec Jérôme Bosch, le peintre du XVe siècle), der  Kreütterbuch, publié en 1539 pour la première fois.


Jérôme Tragus, pasteur luthérien contemporain des prémices de la réforme du même nom, au XVIe siècle, a même été en contact avec son fondateur, Martin Luther. Cet érudit pratiquait également les fonctions de médecin et d’apothicaire. Exilé à Sarrebruck, à la suite des troubles religieux, il devint médecin à la cour du Comte de Nassau. 

A partir du XVe siècle, la botanique s'est développée comme une discipline scientifique distincte de l'herboristerie et de la médecine, mais a continué de contribuer à ces deux domaines. Plusieurs facteurs ont permis le développement et le progrès de la botanique au cours de ces siècles : l'invention de l'imprimerie, l'apparition du papier pour la préparation des herbiers, et le développement des jardins botaniques. Tous ces facteurs, combinés à l'essor des voyages au long cours, ont permis une augmentation significative du nombre d'espèces connues et la diffusion des connaissances locales, régionales ou internationales.

Bock figure ainsi au premier rang des restaurateurs de la botanique au XVIe siècle. Ses études des plantes résultaient d’observations effectuées sur le vif, dans la nature, au cours de fréquentes excursions dans les Ardennes, les Vosges, le Jura, les Alpes Suisses et les bords du Rhin. Ses descriptions de fleurs étaient claires, il prenait en considération des éléments que ses prédécesseurs avaient ignorés. Il reconnaissait la corolle, les étamines et les pistils comme parties essentielles de beaucoup de fleurs et il est probablement le premier botaniste du XVIe siècle à avoir compris la nécessité d’une classification. Il renonce ainsi à l'ordre alphabétique et classe les plantes suivant qu'elles sont sauvages ou cultivées, que ce soient des arbres, des arbustes ou des herbes.

Cependant, loué pour ses admirables descriptions, l'édition originale de 1539 ne comportait aucune illustration. Toute la partie iconographique du recueil fut confiée, dès l'édition datée de 1546, au peintre de fleurs David Kandel, qui conçut et exécuta ainsi plus de 500 dessins de botanique, gravés sur bois dans l’ouvrage. 

Bien que quelques représentations étaient inspirées des ouvrages de botaniques contemporains, comme ceux des botanistes Fuchs et Brufels, la plupart des illustrations étaient originales.

Beaucoup des gravures reprennent la présentation assez classique d’un herbier du XVIe siècle. Certaines, empreintes de fantaisie, sont cependant prétexte pour l’auteur à la représentation d’une scène animalière ou d’une scène animée, sur fond d’arbre ou de plante.

Son livre débute par la description de l'ortie. Habituellement, les ouvrages commençaient toujours par les espèces les plus rares, le fait que Bock débute sa flore par une espèce extrêmement commune constitue donc une révolution.



Cela fait tout drôle de retrouver des herbes aromatiques que j'ai moi-même plantées cette année... Comme l'hysope...




Quel bonheur d'y retrouver la nigelle, cette fleur que j'aime tant... Et dont les semis sont extrêmement abondants (cette année, un sachet de graines semées, et à la récolte : l'équivalent d'une douzaine de sachets... c'est économique !)



On retrouve également des représentations d'arbustes et d'arbres qui sont de toute beauté... Comme les fusains (qui font leurs fruits en ce moment jusqu'à fin décembre, c'est absolument magnifique... cela m'a donné envie de sortir le nez dehors et de les photographier). J'adore les fusains, cela me remonte le moral par temps pluvieux.



Les illustrations suivantes sont tirées de l'édition de 1572.




Il est intéressant de voir comment certaines gravures reprennent encore les codes et le symbolisme de l'iconographie médiévale, le pommier étant toujours représenté comme l'arbre du péché originel, avec la présence du serpent, et le crâne à son pied.


Voilà. Je ne vais pas dévoiler les 500 gravures (quel travail colossal...) ici, mais pour les curieux désireux d'en voir davantage, voici la source de cette édition (celle de 1546). Le site de Gallica (Bibliothèque nationale de France) propose également une édition (datée de 1595)


vendredi 3 novembre 2023

Mini-transhumance de novembre et balade après le grand vent

Le vent a soufflé fort hier pendant la nuit (près de 100 km / heure, mais rien à voir avec les rafales sur les côtes bretonnes. Dans le jardin, quasiment aucun dégât à déplorer, en revanche, pas mal de branches cassées et bois mort dans la forêt... mais rien de très impressionnant.

La "tempête" a laissé la placé au beau temps toute cette journée et nous sommes tombés sur la rentrée à l'étable des vaches... Une petite procession bien sympathique, sous l’œil attentif d'une aigrette garzette.


 

  

 

 

Ensuite, petite promenade sur le chemin du four à chaux au-dessus de Lyons... Évidemment, les couleurs commencent à être vraiment chatoyantes...




Voilà un terrier qui n'est plus habité, dirait-on...



Sur la colline, un vieux fruitier s'est fait "décapiter" par le vent... Et combien d'autres déracinés hier...






Et la fin d'après-midi arrive enfin, éclairant les alentours à travers la haie... Dans une heure, il fera déjà presque nuit.

jeudi 26 octobre 2023

Avant le changement d'heure...

Entre deux déluges d'eau et alors que le changement d'heure se précise d'ici deux jours, il reste encore des éclaircies qui permettent d'apprécier les couleurs dans la forêt. Ce ne sont pas encore les coloris flamboyants qui viendront dans quelques jours, mais les bords de chemin sont bien agréables...



Aujourd'hui, le pic épeiche parade. C'est toujours une gageure de faire le point pour le photographier nettement.




En revanche, deux beaux clichés du faucon crécerelle en plein vol !



C'est un peu lointain mais heureusement le rouge-gorge est là pour nous en mettre également plein la vue.


Le temps des champignons est arrivé :-) A bientôt... avec une heure de sommeil en plus.

mardi 24 octobre 2023

Le marais des communaux à Elbeuf-sur-Andelle

Juste à côté de mon village (à 2 kilomètres - parfois, je peux aller y courir car le sentier de marche est aménagé...) se trouve une zone humide préservée accessible 24 heures sur 24, entre prairie, roselière, mares et étangs, mais également des zones boisées où l'on peut avoir la chance de découvrir des oiseaux, et autres insectes, papillons, criquets, etc. Les paysages sont de toute beauté mais malheureusement (ou bien, c'est peut-être une bonne chose pour le promeneur solitaire avide de quiétude ?), il n'y a pas foule !

Pour une fois, ayant oublié mon appareil photo, j'ai dû utiliser mon téléphone...



Le chemin de promenade est aménagé avec des lattes de bois (c'est naturel, mais en automne, ça glisse à se casser une patte !)

Le chemin progresse à côté des petits canaux de l'Andelle assez poissonneux (il y a une pisciculture de truites juste à côté,  mais c'est moins intéressant !). 

Curiosité : la découverte des touradons, de petites buttes ou mottes assez hautes (certaines font plus d'un mètre de haut), qui ont les racines dans l'eau. Voyez plutôt (au second plan, au milieu) :




En ressortant dans le village, j'ai pu admirer un superbe houx femelle.


Et j'ai vaguement capté l'attention d'un tranquille ruminant étonné de se voir dérangé dans ses ruminations, justement...


Cette souche d'arbre têtard (ou trogne) est assez vénérable. Vu comme cela, elle ne paie pas de mine (en plus la photo est assez moche), mais elle fait bien 2 mètres de haut et je pourrais m'y loger sans mal... Cela donne une sorte de sculpture vivante assez atypique.



Maintenant, il ne me reste qu'une chose intelligente à faire : y retourner une belle journée bien équipé, avec mes objectifs, et de préférence au lever du jour au printemps, car j'aurai droit à un merveilleux concert de chants d'oiseaux et de croassements de grenouilles, et c'est à peu près ma seule chance de photographier de beaux hérons ou autres foulques.